Apprendre à se gérer soi-même.

Publié le par Gaetanne42

 

  4353131150_5d28a3c2cb.jpg   L’homme moderne n’étant pas soumis à des normes de conduite et à des contrôles très stricts, il se voit conduit à gérer lui-même sa vie à partir de multiples sollicitations. Diverses méthodes de « gestion de soi » existent…

 

Comment contrôler nos impulsions dans des situations qui les stimulent particulièrement ? Comment affronter  des situations dangereuses ou douloureuses sans perdre le contrôle de soi ? Ces questions, essentielles pour une gestion avisée de soi, nous concernent tous.

 

Des étapes successives :

 

Parmi les stratégies cognitives et comportementales de gestion de soi, la « démarche de résolution de problème » a largement fait la preuve de son efficacité. Cette expression désigne une succession méthodique d’opérations visant à imaginer des solutions à un problème et à mettre en œuvre les comportements adaptés dans ce but.

 

La 1ère étape, qui ne dure que quelques secondes, consiste à envisager la situation pénible, non comme un drame face auquel la personne est impuissante, mais comme un « problème à résoudre ». Adopter une telle attitude, c’est choisir d’affronter la difficulté de façon méthodique & réfléchie. Par exemple, la personne impulsive décide de se retirer un petit moment dans sa « carapace », le temps de se calmer et de réfléchir avant d’agir.

 

Elle doit ensuite explorer et formuler clairement le problème, notamment en le  décomposant en multiples sous-problèmes. Par exemple, l’étudiant qui craint un éventuel échec aux examens devrait notamment examiner les points suivants : sa motivation pour les études qu’il a entreprises, l’hygiène de vie à respecter (sommeil, alimentation, consommation d’alcool, etc.), l’environnement (bruit, temps disponible), la planification des semaines à venir, les comportements durant les examens oraux (trop d’assurance ou trop peu) et les examens écrits (lecture méticuleuse des questions, planification du temps).

 

Puis vient la recherche des solutions possibles ; dans le cas qui nous occupe, l’étudiant peut décider, face au sous-problème que constitue le bruit, de demander à son voisin de baisser le son de sa chaîne Hi-fi, ou d’aller étudier ailleurs, ou encore d’utiliser des boules Quiès !

 

Dans une 2ème phase, la personne doit choisir la solution qui lui semble la plus adaptée pour chaque sous-problème.

 

Vient ensuite le passage à l’action, qui se révèle parfois difficile. Pour le favoriser, on peut là aussi envisager plusieurs stratégies : visualiser mentalement les conséquences positives de l’action décidée, éviter le perfectionnisme et limiter son action à une réalisation « satisfaisante », débuter par une activité bien délimitée, etc.

 

La phase ultime est celle de l’évaluation, essentielle pour maintenir la motivation et réajuster la stratégie adoptée.

 

Résumons rapidement les 6 étapes successives de cette approche : prise de distance et réflexion, identification du problème, recherche de solutions, décision, passage à l’action, évaluation.

 

Après quelques semaines d’application, cette démarche de résolution de problèmes peut devenir une réaction aussi « naturelle » que l’étaient des réactions de colère, d’angoisse ou de découragement.

 

De nombreuses personnes arrivent à modifier, sans l’aide de professionnels, des habitudes néfastes bien ancrées. Des chercheurs ont examiné les facteurs qui facilitent ces évolutions. Ils portent sur la cessation de comportements nuisibles pour la santé, en particulier le tabagisme et l’alcoolisme. Ils montrent que que les changements difficiles passent le plus souvent plusieurs phases :

 

*   La « pré-contemplation » (absence de conscience du problème ou d’intention prochaine d’essayer de changer) ;

 

*   La « contemplation » (réflexion sur le problème, mais sans engagement réel) ;

 

*   La « préparation » (décision de changer dans les 6 mois à venir, parfois accompagnée de petits changements) ;

 

*   L’action (changements de comportements et/ou d’environnement) ;

 

*   Le maintien (développement de conduites « concurrentes » et d’autogestion, prévenant les rechutes).

 

La majorité des personnes qui souffrent de fortes dépendances restent au 1er stade.

Celles qui sont arrivées à se libérer durablement ont souvent dû passer plusieurs fois par ces étapes. Chez les fumeurs, la moyenne est de 4 tentatives pour y parvenir.

 

Plusieurs recherches montrent que l’abandon d’une habitude problématique au profit de nouveaux comportements ont un processus complexe, qui requiert généralement l’adoption conjointe de plusieurs stratégies : meilleure compréhension de soi, réévaluation d’objectifs, action sur l’environnement ou changement de milieu, amélioration de compétences sociales, etc.

 

Dans la majorité des cas, les changements importants se réalisent à l’occasion d’un évènement critique (par exemple une maladie, un deuil, la menace de perdre son emploi), qui se produit après un temps relativement long de frustrations intenses et de souffrances. La balance coût-bénéfices du comportement problématique penche alors en direction de nouvelles conduites. Pour que le changement se maintienne, la personne doit être persuadée du caractère néfaste des conduites délaissées et ressentir rapidement des effets positifs de sa décision. Bon nombre de personnes qui ont réussi à changer considèrent que les comportements abandonnés ne font plus partie d’elles et que leur identité s’est modifiée.

 

En définitive, la gestion de soi procède de la dimension cognitive de l’être humain, structurellement capable, en toute situation, de prendre du recul vis à vis de lui-même et des évènements.

 

Les comportements d’autogestion sont diversifiés : formulation d’objectifs concrets, démarche de résolution de problème (au lieu de réactions impulsives), nouvelle focalisation de l’attention, restructurations cognitives, auto-instructions, régulation de processus physiologiques (contrôle de la respiration et du tonus musculaire, utilisation ou suppression de substances psycho-actives, exercice physique), interventions sur des éléments de l’environnement qui influencent l’humeur, expérimentation de nouveaux modes d’interaction, changement de milieu, etc.

 

Certaines de ces conduites s’apprennent spontanément, d’autres nécessitent des observations de soi-même, des efforts répétés et parfois l’aide d’un spécialiste du comportement.

 

Une des plus hautes missions de la Psychologie scientifique est d’étudier ces processus et de mettre, à la portée de tous les intéressés, un savoir et des moyens concrets pour améliorer la gestion de soi et les relations avec autrui.

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