Manger bio sans se ruiner.

Publié le par Gaetanne42

 

  ecureuil.jpg  Oui, les légumes, les fruits, la viande, les laitages, le pain bio sont plus chers. C’est le reproche, fondé, que véhiculent les médias. Pourtant, en grattant un peu, on s’aperçoit que tout n’est pas aussi simple.

 

Pour comparer valablement le prix d’un kg de blé cultivé en conventionnel et un autre en bio, il faut rappeler  que l’agriculture conventionnelle est largement subventionnée, selon des critères politico-techniques, au contraire de la bio.

 

En France, 60 000 exploitations agricoles reçoivent à elles seules 80 % des aides de l’Europe, payées par les impôts des citoyens (source : Fnab). Autrement dit, le blé conventionnel ne s’affiche pas à son vrai prix. Une réelle distorsion de concurrence !

 

De plus, l’agriculture conventionnelle répand à outrance des intrants pétrochimiques dont on retrouve des résidus dans les sols, l’eau et l’air. Ce qui crée des coûts supplémentaires (non pris en compte) pour la collectivité : dépollution de l’eau et des sols, épuisement des nappes phréatiques. Sans même évoquer les coûts sanitaires dus à une alimentation surchargée en pesticides (certes difficiles à évaluer).

 

Autre point : la baguette de pain blanc est-elle réellement meilleur marché que le pain complet bio quand on en jette la moitié car déjà desséchée après quelques heures ?

Alors que le pain complet se garde aisément quelques jours, bien enveloppé dans un tissu. Il faudrait donc, en toute logique, multiplier par 2 le prix du pain blanc  -  du moins sa part réellement consommée  -  pour comparer ce qui est comparable.

 

Le prix réel (et non pas apparent) milite ici en faveur du bio, qui propose des aliments plus nutritifs et génère moins de déchets.

 

L’agriculture bio respecte le rythme de croissance des plantes & des animaux sans chercher à accélérer par des artifices chimiques. Le temps de production, plus long et à petite échelle, et avec des rendements souvent moindres, induit fatalement des coûts supplémentaires, y compris de main-d’œuvre. Alors que ces coûts sont minimisés en conventionnel.

 

Parent pauvre de la redistribution des aides européennes, la bio française ne suffit plus à satisfaire la demande intérieure. D’où une importation massive de produits bio, avec ses surcoûts de transport.

 

Alors comment réduire la note quand nous faisons nos courses ?

 

D’abord en mangeant différemment. Les produits bio sont si goûteux et si nutritifs (études Suvimax et Abarac) qu’on peut se permettre d’en consommer moins (moins de déchets).

 

On évitera les plats préparés, gadgets onéreux, au profit d’une cuisine simple.

 

On préférera le vrac et on réduira sa part de protéines animales (viande et laitages), largement en excès dans notre diète moderne, également onéreuses.

 

On évitera aussi les produits importés et hors saison, grevés par des coûts de transport élevés.

 

Astuce : plus l’aliment est sec, plus on peut « tolérer » une production lointaine (amandes, figues sèches, algues…) ; plus il est aqueux, plus la proximité devient un critère majeur (tomates, fruits frais…).

 

En privilégiant les circuits courts, on réalise aussi de belles économies : marchés AMAP, magasins de producteurs, paniers des jardins de Cocagne… les formules ne manquent pas. Et la fraîcheur est forcément au rendez-vous. Et pourquoi pas un jardin potager, qu’il soit privé ou communal (voir votre mairie) ?

 

Même si la bio ne bénéficie pas du franc soutien qu’elle mérite, nous pouvons en réduire sa cherté par une alimentation différente, pour le plus grand bénéfice de la Terre et de notre Santé.

 

                                                                                               J.P. Camo.

 

 

Publié dans Vivre Autrement

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Commenter cet article

tartie 23/04/2010 17:56


je suis 100% d'accord avec toi. Il y a aussi les magasins satoriz, le bio y est nettement moins cher que le bio de supermarché et certains produits sont même plus intéressants que les produits
quelconque de supermarché (l'eau pétillante à 45 le litre et demi, les salades cet hiver étaient souvent moins cher qu'à leclerc, on trouve des pates à moins de 90cts les 500 gr, etc.)